Racine Pieds-Noirs communique !

Le rapport « Stora » : une enfumade* expiatoire !

L’historien « officiel » Benjamin Stora a remis le 20 janvier dernier son rapport au Président de la République sur la question mémorielle relative à la colonisation et la guerre d’Algérie.

En préambule, notre Association justement à vocation mémorielle, entend rappeler qu’il lui paraît historiquement et stratégiquement normal juste et salutaire pour la France d’entretenir des relations diplomatiques, économiques, politiques voire même amicales avec le monde euro-méditerranéen et africain. 
Ce lien ne saurait cependant se tisser sur le renoncement et la falsification.

Dans ces conditions, ce rapport appelle trois séries de remarques de notre part.

*Des buts inavoués posés en doxa et ne répondant pas aux aspirations profondes.
Il a certes été précisé d’emblée qu’il n’était question ni de repentance ni d’excuses. Mais la lecture des gestes dits « symboliques » préconisés traduit pourtant une disproportion flagrante précisément dans ces sens là.
Telle a toujours été du reste la démarche de l’auteur, ce qui est certes son Droit. Nous contestons simplement le fait que cela constitue les seules voie et voix officielles. 
Mais si de plus le but était géo-politique pour s’attirer le blanc-seing des autorités algériennes, leurs réactions démontrent à l’évidence le dialogue de sourds qui perdure. De surcroît, à la lumière de notre propre séjour sur place en 2006, il apparaît sur ce point un différentiel flagrant entre les institutions dirigeantes du Pays, instrumentalisant cet enjeu à des fins purement politiciennes, et les réelles aspirations de la population. 

* Une méthodologie anachronique travestissant par définition les données historiques
Nous estimons ensuite qu’en définitive, ce rapport comme l’ensemble des approches médiatisées sur cette question, comme sur d’autres, relève d’une méthodologie anachronique consistant à analyser le fait historique, non pas en le replaçant dans le contexte de son époque, mais en fonction de critères moraux du moment par définition évolutifs.
Les conclusions s’en trouvent de notre point de vue faussées tandis que l’éclairage des conditions de l’époque permettrait de repositionner et d’appréhender, sans pour autant cautionner, les faits advenus.
En d’autres termes, nous ne défendons pas ici, ni ne pourfendons la colonisation. C’est un fait historique qui caractérise toute l’Histoire de l’humanité depuis sans doute sa préhistoire. Cette autre méthodologie permettrait simplement d’aborder tous les points de façon apaisée en les expliquant précisément et ainsi comprendre, sans chercher à approuver ou à réprouver, les réelles motivations de cette conquête française et les soubresauts qui suivront.
La France est elle-même le fruit de la conquête et de la colonisation romaine, comme l’Algérie s’est construite et dénommée par rapport à la conquête française. Comme toute épopée humaine, cette période connut de belles rencontres, réalisations et réussites mais aussi de lourds travers qui pèsent encore de nos jours et qui ne sauraient être levés par un simple acte de contrition unilatérale.  
Nous pourrions du reste multiplier les exemples similaires sur les cinq continents.

* Une pure symbolique partielle pour une réconciliation partiale évitant les vrais débats.
Enfin, et c’est peut-être le point le plus polémique, le processus entrepris ne pourra que répondre partiellement et donc partialement aux enjeux posés et évite soigneusement l’ouverture des débats de fond que peut-être aucunes des autorités gouvernantes des deux rives ne souhaitent entamer. 
Les gestes dits « symboliques » en question dont nous avons dénoncé plus haut l’orientation sous-jacente ne permettront pas, au-delà du fait qu’en ce qui nous concerne nous ne sommes fâchés avec personne, la « réconciliation des mémoires » voulue par ce rapport. La démarche ne pourra être en effet complète puisque la mémoire Pied-Noire est pratiquement oubliée. Nous ne demandons pas de primauté mais au moins un égal accès au débat au même titre que la mémoire des Algériens, Anciens-Combattants ou à plus forte raison, Harkis. Mais force est de constater que ce rapport ne met pas les revendications mémorielles des Pieds-Noirs au même niveau, ratant là son objectif du moins annoncé.
Mais surtout, le fait de se contenter de quelques symboles et occulter les revendications mémorielles des Pieds-Noirs, n’est sans doute pas anodin. Il permet, en restant superficiel, de ne pas ouvrir les vrais débats que les Pieds-Noirs souhaitent aborder quant à notamment leurs réalités sociologiques, leurs contributions ou leurs rapports humains et surtout in-fine la responsabilité politique du général de Gaulle dans les dénouements tragiques de 1961/1962.
D’aucuns se permettent de déboulonner des statues, ce que nous désapprouvons, mais il semble par contre impossible de « déboulonner » cette stature là.
La vérité historique attendra encore !



03/02/2021

* « enfumade » : pratique militaire attribuée par certains historiens au Maréchal Bugeaud lors de la conquête de 1830.



« Quand mon Père fut appelé
sous les drapeaux,
il n’avait jamais vu la France.
Il la vit et fut tué.
Ce qu’une humble famille 
comme la mienne a donné à la
France ! »
                        
                         Albert CAMUS
                         Le Premier Homme
                         Prix Nobel de Littérature 1957
                         Mondovi (Algérie) 1913-Villeblevin 1960

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