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 Racine Pieds-Noirs » communique !

Visite présidentielle en Algérie ! 19 & 20 décembre 2012.
 
Notre Association souhaite réagir aux déclarations du Président de la République en Algérie quant à l'aspect mémoriel de ce voyage.
En préambule, et nous l'avons affirmé à maintes reprises, il est normal d'entretenir des liaisons politiques et économiques entre deux Etats souverains.
Cette visite n'est pas la première et ne sera sans doute pas la dernière.
Mais, s'agissant des relations franco-algériennes, nous avons toujours au sein de « Racine Pieds-Noirs » appelé de nos vœux un dépassement du simple cadre mercantile ou géo-politique pour également toucher les domaines culturels et mémoriels, mais dans tous leurs aspects.
L'on ne peut seulement analyser un fait historique en fonction de critères actuels. Il convient de toujours le replacer dans son contexte pour mieux en appréhender tous les tenants et alors, s'agissant de l'Algérie, on comprendra plus aisément les raisons du Débarquement de 1830,sans nécessairement les justifier.
Plus globalement, le monde tel que nous le connaissons s'est construit en grande partie par explorations puis conquêtes et propagations culturelles.
L'on peut certes regretter tous les travers qui jalonnèrent l'Histoire de l'Humanité mais c'est un fait et nous sommes tous la résultante de ces rencontres spontanées ou forcées.
La France elle-même est un pur « produit » de la colonisation romaine, très loin du modèle qui préexistait avec les Gaulois et dont la « campagne des Gaules » fut menée avec tous les excès et stratégies qui accompagnent malheureusement ce type d'opération militaire.
Il appartient à chaque Nation d'intérioriser cette Histoire à la fois douloureuse mais aussi source de refondation pour la positiver et en faire le substrat de sa propre destinée, à peine de nier ses propres fondements.
C'est sur ce point précisément que demeure le principal achoppement inhérent pratiquement à toutes ces visites d'Etat en Algérie tandis que la société civile l'a souvent dépassé voire transcendé. L'on y observe en premier lieu la quasi absence de la dimension « Pieds-Noirs », qu'il s'agisse des réactions dans la Presse ou des plateaux TV consacrant débats et reportages. Dès lors le débat est non seulement tronqué mais ne répond pas non plus aux réelles aspirations.
Le travestissement du débat se traduit par son côté une nouvelle fois unilatéral puisque seuls les « méfaits » de la colonisation française sont dénoncés. Loin de nous l'idée de verser dans le manichéisme inverse mais, si en effet cette colonisation a pu occasionner un ressentiment, elle est également étayée par de grands moments.
De plus, la douleur comme les griefs ne peuvent être l'apanage d'un seul camp par rapport à l'autre. Or un partenariat nouveau entre la France et l'Algérie mérite aussi que toutes les facettes de ce passé fassent l'objet d'une introspection. De surcroît, le débat ne porte que sur l'aspect officiel, occultant la dimension humaine.
L'on peut en effet disserter sur les responsabilités de l'Etat français dans telle ou telle action politique, ou exaction dès lors que la même analyse est entreprise au niveau de l'organisation du « FLN ». Mais aux côtés de ces entités institutionnelles, l'on passe sous silence la formidable épopée humaine, au plan des individualités, des rencontres ou des réalisations, que constitua l'Algérie sous administration française.
L'on s'attache ainsi à des thèmes qui ne correspondent ni aux réalités, ni au ressenti des populations respectives. Ceux d'entre nous ayant fait le voyage « retour » ont pu s'apercevoir combien nos élites et nomenklaturas respectives étaient sur ce point déphasées par rapport aux attentes réelles de la base.
Il est donc une fois de plus à craindre qu'une nouvelle occasion ait d'une part été manquée pour certes établir les responsabilités politiques, mais de part et d'autre et à l'égard de toutes les populations concernées par l'Histoire de la France en Algérie, c'est à dire non seulement les Algériens eux-même , mais aussi Appelés du Contingent, Pieds-Noirs et Harkis, vis à vis de la France comme du FLN.
Mais, dès lors que toutes ces responsabilités seront établies dans leur pluralité et tel un socle garantissant l'authenticité des relations, l'occasion a surtout été d'autre part abandonnée d'asseoir ce « partenariat nouveau » sur les bases plus solides de la reconnaissance mutuelle de notre héritage commun quant à l'apport humain, culturel, affectif et mémoriel que nombres d'entreprises individuelles concrétisent pourtant chaque jour entre ces deux rives de la « Mare-Nostrum », sur les plans économiques ou culturels, loin de tous les fantasmes de repentance, notion ô combien étrangère à la société algérienne.
 
En d'autres termes, il est temps qu'institutions et individualités soient en phase sur des bases reconnues et consensuelles pour écrire cette nouvelle page d'Histoire entre la France et l'Algérie dans laquelle la communauté Pieds-Noirs doit avoir toute sa place.
 
 
Le Conseil d’administration
 
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